Louvre, la restauration de la victoire de Samothrace

La victoire de Samothrace, un chef-d’œuvre de la sculpture hellénistique

La victoire de Samothrace est un chef-d’œuvre de la sculpture hellénistique. Elle se compose d’une statue de femme ailée – la déesse messagère de la victoire, Niké en grec – et d’une base en forme de proue de navire. L'ensemble mesure 5,57 m de hauteur. Daté du tout début du IIe siècle avant J.-C., ce monument constitue une offrande dédiée aux Grands Dieux élevée dans le sanctuaire de l’île de Samothrace à la suite d’une bataille navale. Pourvue de grandes ailes, la déesse répand la nouvelle de la victoire remportée. Réalisée en marbre blanc de Paros, le plus beau marbre statuaire grec, la déesse est vêtue d’une tunique légère ceinturée et d’un manteau dont le tissu forme des plis profonds. Ces draperies témoignent de la virtuosité du sculpteur. La base et le socle aux dimensions imposantes ont été réalisés dans un marbre gris veiné de blanc, provenant de l’île de Rhodes, contrastant avec le marbre blanc de la statue. Créateur hors du commun, l’artiste a fait preuve d’une incroyable ingéniosité dans la construction de ce chef-d’œuvre.

L’Histoire de la victoire de Samothrace

Cette statue est découverte le 15 avril 1863 par Charles Champoiseau, alors vice-consul de France intérimaire à Andrinople (aujourd’hui Edirne en Turquie). En explorant les ruines du sanctuaire des Grands Dieux, sur la côte nord de l’île de Samothrace, dans la mer Egée, il repère un bloc de marbre affleurant le sol ; les fouilles dévoilent un corps monumental, plusieurs fragments d’ailes et de draperie, ainsi que des gros blocs de marbre gris.

Trois restauration successives pour la victoire de Samothrace

Ces restaurations permettent de reconstituer la plus grande partie du monument. En 1864, la statue, très lacunaire, nécessitait une restauration difficile à réaliser sans modèle à imiter, et seule la partie inférieure du corps est exposée dans la salle des Caryatides ; les autres fragments sont mis en réserve. En 1875, des archéologues autrichiens en mission à Samothrace démontrent que les blocs de marbre laissés sur place constituent la base de la statue. Ces blocs arrivent au Louvre en novembre 1879. Lors de la grande restauration de 1880-1883, le sein droit et l'aile gauche en marbre de la statue sont refixées au corps et les lacunes sont complétées en plâtre, puis la base en forme de navire est remontée. L'ensemble du monument est alors placé en haut du nouvel escalier Daru. La troisième restauration (1932-1934) permet de revoir la présentation muséographique : le monument est avancé sur le palier et la statue est surélevée sur la base par un bloc de ciment. Le monument se trouve ainsi magistralement mis en scène dans l’escalier dont il forme le couronnement. Depuis, la Victoire de Samothrace n'a pas subi de changement, mais elle a été l'objet de recherches approfondies qui ont apporté de nouveaux éléments importants à la connaissance du monument.

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