L’église Notre-Dame de Lorette à Paris

L’église Notre-Dame-de-Lorette, située dans le 9e arrondissement de Paris, est l’un des grands chantiers de la municipalité au début du XIXe siècle ; c’est l’un des plus onéreux, et il est confié à l’architecte Hippolyte Lebas dont c’est l’une des premières réalisations

Notre-Dame-de-Lorette, une église du 19ème siècle

Les travaux durent de 1824 à 1836, ils sont difficiles à cause du sol gorgé d’eau qui obligent à enfoncer des pilotis très profondément.

Un extérieur austère

A l’extérieur, l’édifice est austère : seul le fronton de la façade présente un décor sculpté : c’est l’Hommage à la Vierge de Lebœuf-Nanteuil, surmonté de trois sculptures. De gauche à droite : l’Espérance, la Charité, la Foi.

Une grande richesse décorative intérieure exprimée par les peintures

Cette sécheresse extérieure, d’inspiration antique, contraste avec une richesse décorative intérieure. C’est lors de séjours répétés en Italie qu’Hippolyte Lebas a pu parfaire sa connaissance de l’architecture antique et de celle de la Renaissance ; dans l’église ND de Lorette, on se croit en fait dans une basilique romaine : cela se traduit d’abord dans l’usage du plan basilical, dans la préférence pour un plafond de bois à caissons, dans l’élévation à deux étages qui se termine aux extrémités par un mur percé d’un grand arc.
Les commandes datent presque toutes de 1833 pour la nef et de 1835 pour les chapelles aux angles ou les bas-côtés. La Ville de Paris, qui a choisi les artistes, a souhaité laisser s’exprimer les courants les plus divers, et l’église montre ainsi les multiples déclinaisons de la peinture religieuse en France. Le chœur illustre le caractère éclectique de cet assemblage : Le Christ et les docteurs de Michel-Martin Drolling est solidement composé.
En face : La Présentation au temple de François-Joseph Heim offre plus de variétés d’attitudes et de lumières.
Sur la voûte de l’abside, Le Couronnement de la Vierge de François Picot, restauré en 2013, se déploie comme une sévère mosaïque primitive.
Sur la coupole, Le Transport de la maison de Lorette de Pierre Delorme est l’une des rares peintures de ce type exécutées à Paris au XIXe siècle.
Notre-Dame-de-Lorette est aussi la première église de Paris où la tendance à l’archaïsme des peintres dits « Nazaréens » se manifeste. En ce sens, une œuvre fait date : la chapelle de la Vierge, commandée au lyonnais Victor Orsel en 1833, mais terminée, après sa mort en 1854, par son ami Alphonse Périn. La chapelle des Baptêmes, peinte par Alphonse Roger, prend aussi sa source dans l’observation des peintres du Quattrocento florentin, notamment Masaccio. La dimension austère et sobre est soulignée par le choix des tons, des attitudes.
On l’a dit, toutes les tendances sont représentées dans cette église. Les artistes romantiques que l’on croit souvent exclus de la reconnaissance officielle trouvent ici leur place. Ici l’on voit une peinture du cycle peint par Eugène Devéria sur Sainte Geneviève dans une chapelle du bas-côté.
Pour finir, il faut aussi s’arrêter dans la sacristie. On y voit un vitrail tout à fait original représentant l’Assomption (dessiné par Pierre Delorme). C’est du verre peint, et non un vitrail comme on les faisait au Moyen Âge et c’est l’une des premières tentatives pour faire renaître l’art du vitrail à la Manufacture de Sèvres, dans les années 1820.

Géolocalisation de l'Eglise Notre-Dame de Lorette

Vous aimerez aussi :

Les commentaires sont les bienvenus. Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à commenter cette vidéo et son article associé.

Les commentaires sont les bienvenus. Postez le votre :

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.